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  • Dr Claude Hautain

Troisième mutation, troisième vague ?

Dernière mise à jour : 28 déc. 2020

La presse fait grand cas en ce moment d’une nouvelle variante du coronavirus Sars Cov-2 qui viendrait du Royaume Uni et qui aurait vu décupler sa contagiosité.


En Europe, durant la première vague du printemps 2020, la première souche, bien que totalement méconnue, avait des caractéristiques bien spécifiques, que les acteurs de terrain et les scientifiques de tous bords ont pu identifier. La présentation faisait état d’un syndrome grippal avec une petite diarrhée à l’avant plan en début de maladie. La pyrexie, une céphalée et une fatigue tenace arrivaient en seconde intention et enfin la toux et les symptômes respiratoires faisaient leur apparition aux environs du septième jour. Les personnes à risques ont été identifiées comme étant principalement les patients de plus de 65 ans, avec une mortalité allant crescendo, pour atteindre un pic de 20% au-delà de 75 ans. D'extraordinairement rares cas de jeunes ayant faits une forme grave ont été décrits. Fort est de constater une similitude avec la sémiologie identifiée en Chine.


Pourtant, outre Atlantique, on perçoit déjà des différences. En effet aux USA, la population obèsissime prend cher. Pas forcément les hypertendus ni les plus âgés.



La deuxième vague, d’automne cette fois, fait la part belle à une forme semblable mais différente en certains points. Les similitudes d’abord, sont clairement le fait que les jeunes sont systématiquement épargnés. La presse s’est emparée de cas "rares-comme-un-chien- vert" de jeunes ayant succombés au Covid 19. En analysant froidement et scientifiquement les cas décrits, il s’agit à chaque fois de personnes ayant des polypathologies, dont le Covid n’est parfois qu’un épisode aigu infectieux parmi d’autres, qui finit par emporter le pauvre bougre. La diarrhée n’apparaît plus de façon si caricaturale en début d’affection mais signe plutôt une forme sévère. L’anosmie et l’agueusie sont décrites très fréquemment, surtout chez les populations non à risques, tant et si bien qu’elles signent même les formes mineures et sont de bon pronostic. Les personnes âgées sont moins dans la tourmente, mais certains plus jeunes (la cinquantaine) hypertendus paient parfois de leur vie, la contraction du virus. L’obésité vient rejoindre le trio de tête des facteurs de risques que sont l’âge, le sexe masculin et l’hypertension. Le diabète, et au sens plus large, le syndrome métabolique est évoqué comme péjorant. La BPCO et les patients aux pathologies respiratoires chroniques n’ont pas de risques de décès majorées.



En même temps que cette nouvelle vague, on en connait un peu plus chaque jour. Le Covid est en fait beaucoup plus une maladie thrombo-embolique qu’un ARDS (Acute Respiratory Distress Syndrom). L’arsenal thérapeutique perd la chloroquine et à peu près tous les antiviraux mais gagne les anticoagulants et les corticoïdes. Le groupe sanguin O semble moins atteint. La dégradation respiratoire survient plutôt au dixième jour.


On parle désormais d’un nouveau variant outre-manche. Qui va nous arriver probablement avec la troisième vague. Les virus s’adaptent, mutent. De tous temps, ils le font. Doit-on verser dans le sensationnalisme pour autant ? Si une présentation différente, faite de petites mutations survient, cela ne veut pas dire pour autant que l’entièreté du virus a changé. Rappelons-nous que nous avons mis des millions d’années pour passer du singe à l’humain bipède.




Nous sommes de mieux en mieux armés contre le Covid, continuons de nous protéger, de protéger les autres et de nous battre pour la survie de notre espèce. En gardant la tête froide, l’esprit vif et circonspect. Ne cédons pas à la panique, entraidons-nous et nous y arriverons.

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